De l'autre côté.

Marion Hamard

Le travail de Marion Mounic s’ancre dans le quotidien, dans ce que l’omniprésence finit par rendre invisible. Le point de départ de cette résidence est la marmite : elle traverse l’espace public du Bénin avec une telle évidence que peu de regards s’y arrêtent. C’est précisément dans cet interstice que l’artiste porte son attention. L’objet devient prétexte au franchissement : du contenant au contenu, de l’espace public à l’espace privé, de la rue à la cour. Il est aussi prétexte à la rencontre, au dialogue. La marmite porte en elle cette logique de la frontière : ce qu’elle contient est presque toujours dérobé, recouvert, soustrait au regard.


Cette structure est aussi celle du monde tel qu’il se donne à lire dans l’expérience de l’artiste au fil de la résidence : une dialectique du visible et de l’invisible, où vivants et ancêtres partagent un même espace dans une relation de complémentarité. De l’autre côté, entendu d’abord dans son sens littéral, puis saisi comme métaphore, enrichi par l’expérience dit l’essentiel… L’expression n’a cessé de revenir, dans les conversations du quotidien comme dans les contextes spirituels, jusqu’à devenir le rythme même du séjour. Initialement intitulée Offrandes à la marmite, cette restitution a finalement fait du seuil le cœur du projet : De l’autre côté.


L’artiste présente trois pièces : une sculpture, une installation et une vidéo.

Texte de Marion Hamard à propos de la résidence De l’autre côté de Marion Mounic au Bénin dans le cadre du Programme Inspiration Bénin – au Cœur des Mondes Africains, en partenariat avec l’Ambassade de France au Bénin, MansA – Maison des Mondes Africains, l’Institut français du Bénin et l’ADAC en 2026.