Qu’elles soient dessinées, photographiées ou sculptées les propositions de David Coste épousent toujours le même processus, pour, essentiellement, créer des images. Très documentées en amont de leur réalisation, les œuvres résultent d’une construction d’éléments empruntés pour certains au cinéma et à la musique, pour d’autres à la peinture et à l’architecture. L’artiste articule ces différents composants -dont les emblèmes iconiques de la montagne ou du palmier, entre autres stéréotypes d’une certaine uniformisation du paysage- en des espaces complexes où le trouble est palpable. Le réel et la fiction se mêlent pour créer un récit sans narration où la vraisemblance des paysages est mise à mal par l’apparition du factice et de l’artifice. David Coste invite à faire l’expérience de la porosité entre le vrai et le faux. La perception de l’espace représenté reste une question irrésolue que l’artiste assume et revendique comme le champ d’une incertitude où l’injonction à tout comprendre et à penser droit est remisée… derrière le décor. « On peut se projeter dans les images mais on restera toujours en dehors de l’image. » dit-il.

Martine Michard