Dispositif/Programme

2024

Deux diptyque de peintures
Peintures à l’huile sur toile et caisses américaines, 60 x 73 cm chacune

Steven Le Priol entretient une distance critique avec la peinture, médium qu’il entreprend de manière procédurale comme on monte un meuble. Ses derniers travaux peints se concentrent sur la question de l’image et du faux-semblant en se concentrant sur ce qu’il appelle les mauvais modèles (sosies, statues de cire, pierres et plantes factices…). Il peint des images, ou plutôt des images d’images, qu’il envisage selon une posture critique des dispositifs techniques d’enregistrement du réel et la manière dont elles produisent des surfaces signifiantes hantées par les images qui les précèdent.

En travaillant à partir de sujets produits par l’intelligence artificielle il guette ces images où le réel initial ne survit plus qu’à l’état dilué. Il augmente également les commandes textuelles données à la machine de références iconographiques puisées dans l’Histoire de l’art. Par cet usage détourné, il transforme l’intelligence artificielle en inconscient artificiel en jouant sur les approximations et les glissements de sens que le logiciel produit et qui se solidifient dans l’image.

Le titre Dispositif/Programme se réfère au principe décrit par le philosophe Vilém Flusser dans son ouvrage Pour une philosophie de la photographie qui distingue l’outil de son usage et annonce dès les années 80 le futur régime des images construites et de leur artificialisation. Ici deux programmes cohabitent issus du même dispositif : celui de l’image fabriquée et reproduite selon une procédure mimétique traditionnelle et celui produit selon un système de composition emprunté au peintre moderniste Yves-Marie Ponce (1885-1969). Ce Système Ponce, dont il est l’inventeur et auquel il a donné son nom et qu’il a finalisé dans les années 50, consiste en une aide à la composition abstraite basée sur le hasard dans un champ restreint de possibilités prédéfinies (formes, couleurs, formats, emplacements sur la toile). Ici le même dispositif exécute deux programmes différents, dont l’un a été transmis à travers le temps par un artiste décédé à un artiste vivant.


Extrait du document de médiation de l’exposition collective Sérum Anti-Âge, Pamela Artist-Run Space

Dispositif/Programme n°1, 2024, diptyque de peintures à l’huile sur toile, Steven Le Priol et Yves-Marie Ponce (cf Revenants)

Dispositif/Programme n°2, 2024, diptyque de peintures à l’huile sur toile, Steven Le Priol et Yves-Marie Ponce (cf Revenants)