Elsa Brès
Love canal, 2017 film 2K 5.1, 18 minutes, capture d’écran
L’amour, acte de résistance
Sélection d'œuvres issues du fonds documentaire DDA Occitanie
Love canal, 2017 film 2K 5.1, 18 minutes, capture d’écran
La Ville Côtière, 2013 - en cours, projet protéiforme, image d’illustration du site web lavillecotiere.fr
Une ronde d’amour, modèle vivant·e, 2026, performance, les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse, Toulouse
Io non sono il tuo mare, 10 juin 2013, performance, 14 minutes, Convento San Domenico Maggiore, Naples, Italie, photo Francesca Fini
Les festin de papier peint, 2023, installation, fragments et pliage de papier peint sur lino, 300 x 300 cm, vue de l’exposition collective Une affaire de famille, 2024, Passerelle Centre d’art contemporain, Brest, détail, photo Aurélien Mole
Vue de l’exposition personnelle Les cheveux blancs de ma mère, 2024, Station V, Bayonne, photo Le Second jeudi
S’occuper de ses oignons, 2019, performance participative, FOMU. Musée de la Photographie, Anvers, Belgique, 2024, photo Johan Poezevara
Narcisse avait une sœur, 2023, performance, photo Adrien Canto
Carte au trésor, 2024, peinture murale à la craie reprenant différents dessins/cartes aux trésors de Noé, détail ; Mobile, 2024, acier, signature de Noé, découpe au plasma, photo Vincent Boutin
La mère de Jérôme, 2017, court-métrage, 21 min 02 sec
Florilège, 2016, photographies issues des séries La Californie (2011) et Par a dice (2016)
2017
film 2K 5.1
18 minutes
Love Canal, 2021, film 2K 5.1 18 minutes, teaser
Love canal, 2017 film 2K 5.1, 18 minutes, capture d’écran
Love canal, 2017 film 2K 5.1, 18 minutes, capture d’écran
Love canal, 2017 film 2K 5.1, 18 minutes, capture d’écran
Il a y 300 millions d’années, le Nord de la France était un marécage. Il y a 140 ans, un canal est creusé et jamais mis en eau. Un jour, des vagabonds décident de descendre un fleuve invisible et ramassent en chemin les débris d’un monde pour en commencer un autre. Le film prend comme point de départ le scandale environnemental de Love Canal (Niagara Falls, NY, USA) qui mènera à l’adoption du Superfund act (1986), première lois de protection environnementale s’intéressant aux sites pollués par l’industrie. De là, par translation, un chemin se trace à travers les paysages post-industriels du Nord de la France. Le geste qui motive la prospection minérale déployée dans ce film ne renvoie qu’à la relance d’une énigme : on croise la ruine d’une voi- ture, un smartphone brisé qui anticipe et signe toutes les brisures à l’oeuvre, celle que la technique fait subir aux roches, aux pierres, au monde lui-même, dont la matière s’effrite, se dissout et fond, jusqu’à son propre devenir-trou, où l’on saute à son tour pour entrer dans le noir. L’absence de matière existe-t-elle ? Le trou, le noir, le trou noir, peut-on les rencontrer ? Il me semble que ces questions tra- ment ce film comme un sable énigmatique ; elles interrogent moins l’origine que le futur de la pierre, et celui de toute forme. La petite communauté d’êtres humains qui cherchent ce futur en s’enfonçant toujours plus loin dans la division de l’être, dans le morcellement de la physis, semble s’ouvrir à une transmission sans limite, celle qui fait passer les morceaux de la terre d’une main à une autre, celle qui découvre et fait naître, et, en veillant sur la matière, nous confie sa métamorphose.
Yannick Haenel, extrait du catalogue Panorama 19 – Roman – L’élégance, la science, la violence !, 2017