Refeel

2023 - en cours

Série
Techniques mixtes, dimensions variables
En collaboration avec Laura Freeth

Après une première rencontre sur l’exposition collective ARTF, Almost Ready To Fly, puis des collaborations à LA NEF ÉPHÉMÈRE et une résidence-exposition à deux mains Sur les pas de Samba Diallo à Dakar. Ce travail en duo avec Laura Freeth, initié depuis 2017 se précise, évolue et change de champ d’exploration. Les pistes ouvertes travaillent aussi dans d’autres paysages. Les sources qu’elles utilisent se décalent et s’ancrent aujourd’hui dans les endroits de doute, entre attente, construction et démolition. Elles sont à l’écoute des images extraites du monde, invoquant l’architecture, les désordres, la relation entre l’humain et le non humain, les constructions, le bricolage, l’adaptativité, le bricolage, l’éco-féminisme, l’inventivité, le métissage, le réemploi, la collapsologie, la résilience, la fragilité, la résistance, …

Leur atelier contient des bribes arrachées au réel, tel un inventaire du cours de l’histoire, attentif aux affirmations politiques et aux désaccords. Ce regard hybride ne demande qu’à se poser dans des environnements inconnus.

Et le travail continue, il y a toujours quelque chose à démouler, si une pièce ne leur convient pas elle est re-travaillée, brisée et réparée ou améliorée, elles re-font beaucoup, chaque élément arrivant comme de nouvelles pistes. Elles le tentent comme un jeu désespéré, avec assiduité, une tentative d’épuisement impossible de combinaisons du verre, des images, de la terre, du béton, entre laisser-faire et maîtrise.

Leur boite à outil se complète, avec elle leurs gestes.

Les objets réalisés sont pris en photo, elles recadrent dedans, les mettent en scène, peuvent les ré-utiliser dans d’autres pièces. L’identification de la source se perd, qu’est-ce qui est pris au réel, où est l’artefact ?

Le lien avec le texte est toujours fort : texte, mot, slogan, extrait, citation … Suivant les objets fabriqués elles choisissent le meilleur outil.
Par exemple, quand l’écriture est gravée dans une terre appliquée en épaisseur sur du verre puis coulé dans du béton : la réserve dans la terre laisse apparaitre le mot, son encre est le béton. Cette expérimentation nous pousse à plus d’efficacité. De la phrase on passe au mot, de la citation au slogan.

Impossible de rester impavide. Think we must.
C’est une histoire d’assemblages, de quête, de recherches combinatoires. Penser sans autorisation, penser avec leurs mains et leurs yeux, contre ou avec la matière. Croiser des façons de réfléchir, citer, se réapproprier, troubler.
Le doute, l’hybride comme façon d’avancer en ondoyant.

Le texte devient-il slogan ou dessin ? Matière ou sujet ? Le mot devient image faite de matériaux. Alors la pensée séduit. Les concepts sont rendus visibles et convoquent le sensible.

La recherche devient-elle oeuvre ou médiation ?
Elles fluctuent entre proposition et questions, constat et projection.


Photographies avec Laura Freeth

Refeel, 2023 - en cours, expérimentations graphiques