Éléna Salah déplie son regard sur les ruines du monde. En s’interrogeant sur ses origines et sur son destin, elle travaille sur les processus de remémoration, leurs motivations et la nécessité d’une transmission. Ce qui frappe en premier lieu, est le contraste entre la légèreté, l’économie des formes et la gravité des sujets traités. Elle pose clairement l’événement traumatique, la tragédie, à la racine de notre expérience, et l’architecture, le monument, le lieu, comme preuve et symbole de la catastrophe.
Loin de la tentation romantique et de ses représentations fantasmées, Éléna choisit un mode spécifique de présence dans son rapport à l’histoire.
Ses voyages en Sicile, au Japon ou en Algérie sont des quêtes et les espaces concrets de son action, dont le statut poétique promet la transformation du chaos en art, subtil, sensible, pudique. Les paysages ne sont plus un spectacle pittoresque mais une réalité d’où peut surgir du sens. Elle les préfère vides, improductifs, qui parlent du lieu de leur disparition et renvoient les survivants à l’angoisse d’une responsabilité.

Céline Mélissent, responsable de la diffusion hors les murs du Frac Occitanie Montpellier

Artistes, écrivain·es, philosophes, auteur·ices

Georges Didi-Hubermann
Giorgio Agamben
Aby Warburg
Walter Benjamin
Pascal Convert
Anne et Patrick Poirier
Marion Verboom
Il Grande Cretto d’Alberto Burri
Sophie Ristelhueber

Techniques et matières

La photographie, la céramique et le béton, la mémoire des lieux, les archives

Outils

L’appareil photographique, le moulage, les sites d’histoire délaissés

Gestes

Observer, explorer, arpenter, étudier, photographier, se souvenir, documenter

Mots-clés

Recherche, expérimentation, photographie, empreinte, tangible, transparence, disparition, mémoire, sites et lieux, événements, résister, (in)transmission

Titres

Paul Virilio, L’accident originel, éditions Galilée, 2005
Science/Fiction — Une non-histoire des plantes, exposition à la MEP, 2024-2025