Bonjour !

2025

Vue de l'exposition personnelle
Domaine de Roueïre, Centre d'Arts et du Patrimoine Sud-Hérault, Quarante
Commissaire Valérie Mazouin

« Espérer par l’imagination est inévitable mais par elle se souvenir est l’extase la plus sacrée de la volonté. » – Dickinson Emily, Dits et Maximes de vie, coll. Ainsi parlait Artfuyen, 2024

Bonjour !

« Ce que je veux surtout, c’est te montrer le bout de mon index. Son mutisme… » – Nelson Maggie, Bleuets, traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline Roy, Éditions du sous-sol, 2024

Cette histoire n’a pas d’origine.
En hypothèse douce, une maison rouge, des feutres en tension sur de petites pages de cahiers d’écolière. Peut-être ?
Flux et reflux indiquent l’instabilité d’un point de départ absolu.
Valérie du Chéné s’empare d’une topographie des réels mais la moitié du songe lui appartient. L’oscillement subtil de l’œuvre indique l’abandon d’une linéarité temporelle.
À regarder tes élans multiples, nous nous sentons libres.
À l’atelier, l’indicible nous embarque.
Voilà, dessins et peintures se sont rangé·es d’eux-mêmes, dans une rigueur rêveuse. Nos yeux emplis d’une belle journée qui s’annonce, nous voulions ensemble donner belle place à l’enjouement, à la couleur et à ses déclinaisons infinies.
Ce travail de peinture déploie, sans restriction, un amour des formes simples, convie au désir de continuer de s’entretenir avec le monde.
À bras le corps, il nous faut traverser, marcher à travers.
Nos regards se laissent prendre à l’ambivalence de tes chorégraphies graphiques. Les imaginaires lumineux balancent et tanguent allant de constructions
soignées en brutes architectures. Les minutieuses observations fictionnelles dévoilent de grandes simplicités de modalités picturales.
Absolument prodigieux !
Bonjour à vous, bonjour à toi !


Extrait du texte de présentation de l’exposition personnelle Bonjour ! par Valérie Mazouin, commissaire, lire le texte en entier ici


Lorsqu’une exposition est rigoureusement réfléchie, conçue en intelligence avec un lieu, jamais neutre, un contexte, toujours précis, des partenaires soigneusement choisi·es, les pièces et dispositifs qui la composent s’ordonnent avec clarté dans l’espace comme entre eux, en une configuration inédite et unique, qui s’avère au final bien plus que la somme de tous les éléments initialement convoqués. Alors l’exposition elle-même est création. Dans le meilleur des cas collective, comme ici; en premier lieu entre l’artiste et la commissaire d’exposition, Valérie Mazouin, encordées de longue date : beau palmarès d’ascensions et de sommets conquis ensemble; souvent aussi avec Régis Pinault ou Arlette Farge, autres équipiers fidèles.

Lorsqu’une exposition atteint ce degré de soin et de justesse, l’instant de découverte est souvent celui où – pour les visiteurs – une révélation peut instantanément se produire, que la visite en détail et sa méditation ultérieure ne feront jamais, au fond, que confirmer et expliciter. S’il faut être des plus attentifs à toute nouvelle rencontre, il faut l’être particulièrement au tout premier instant, décisif, comprenant les circonstances de la rencontre. […]

Leur source immédiate saute aux yeux : au centre de la salle, une longue et vibrante peinture flotte sur 20 mètres à 10 cm du sol, comme en lévitation, jusqu’à la fenêtre centrale. Rigoureusement de même largeur – 2, 50 mètres – toute entière orientée vers le paysage, s’intensifiant à la moindre lumière du ciel – fut-elle restreinte comme en ce jour – elle paraît s’y élancer autant que l’inviter à entrer à faire corps avec cette exposition inaugurale du Centre d’Arts et du Patrimoine, confiée par des esprits éclairés à Valérie du Chéné.

Bonjour ! Le choix de ce mot – on ne peut guère plus simple et plus direct – pour titre de cette pein- ture, élargi finalement à toute l’exposition, indique clairement une intention : créer sans délai un climat ouvert, bienveillant, hospitalier, et tonique – le point d’exclamation est important – mais aussi inviter l’autre à la rencontre : à entrer tout de suite en relation. On ne peut rencontrer, on ne peut entrer en relation avec autrui et le monde sans le choisir, autrement dit sans en nourrir l’intention, nous révèle la phénoménologie. L’artiste fait ouvertement ici le premier pas et même quelques autres en notre direction ; à nous, visiteurs, de nous engager pour y répondre.


Extrait du texte Une friction régénérante de Hervé Sénant, lire le texte en entier ici


La balade du fantôme rassemble dans un même temps les dessins préparatoires du film Un ciel couleur laser rose fuchsia Ces dessins ont servi pour les costumes et les attitudes des personnages dans le film. Cette fois-ci, ils ont leur propre vie dans une animation où ils se retrouvent tous dans une ambiance de fête, de gestes étranges et d’amusements. Le fantôme mène la danse. Cette animation est composée de deux parties, une grande scène où toutes et tous se déploient et une série de saynètes qui s’enchainent les unes après les autres comme des portraits.


Le carnet rouge (2007-2024), 2025, édition, détail, édité à l’occasion de l’exposition personnelle Bonjour !, 2025, Domaine de Roueïre, Centre d’Arts et du Patrimoine Sud-Hérault, Quarante

© Adagp, Paris

L’eau à la bouche, 2025, série de 17 pierres peintes récoltées sur le sentier des mille et une pierre à Villespassans, acrylique sur calcaire, 17 socles en bois peint sur roulettes, vue de l’exposition personnelle Bonjour !, 2025, Domaine de Roueïre, Centre d’Arts et du Patrimoine Sud-Hérault, Quarante, photo Nicolas Lafon 

Personnage à échelle 1, 2025, peinture murale, acrylique, 20 × 2,7 m, vue de l’exposition personnelle Bonjour !, 2025, Domaine de Roueïre, Centre d’Arts et du Patrimoine Sud-Hérault, Quarante, détail, photo Nicolas Lafon 

La balade du fantôme, 2025, film, en collaboration avec Régis Pinault et Félix Charrier, 4 min 30 sec, bande son Laurent Paulré, production Domaine de Roueïre, Centre d’Arts et du Patrimoine Sud-Hérault, Quarante, avec le soutien de Darder ses rayons, film d’animation d’après les dessins du film un Ciel couleur laser fuschia de Valérie du Chéné et Régis Pinault

La balade du fantôme, 2025, film, en collaboration avec Régis Pinault et Félix Charrier, 4 min 30 sec, bande son Laurent Paulré, production Domaine de Roueïre, Centre d’Arts et du Patrimoine Sud-Hérault, Quarante, avec le soutien de Darder ses rayons, film d’animation d’après les dessins du film un Ciel couleur laser fuschia de Valérie du Chéné et Régis Pinault