Akousma Part II

2022

Artist's book and series of 36 original drawings

Self-published artist's book, 108 pages, 150g Munken Print White A4 paper, TOMOE printing, Montpellier, LUXORD archive sleeve (Ets), Lunel-Viel, contains a pair of white cotton gloves, preface by Henri Guette
Limited edition of 50 copies and 2 artist's editions

Graphite and Luminance pencil drawings on scans from the Hérault Departmental Archives, 180g Canson paper, magnets, 29,7 x 42 cm

With the support of the Occitanie / Pyrénées-Méditerrannée Region and the Bullukian Foundation, Lyon Frac Occitanie Montpellier Collection, Montpellier, France

Part II takes the form of an artist’s book containing the words and sounds heard in the film, playing with the idea of a film script. The texts are interspersed with reproductions of 36 drawings made on scanned images of documents dating from the period when the site was the Ursuline convent and the Central Detention Centre for Women, taken from the Hérault departmental archives in Montpellier, France.


L’architecture d’un couvent comme celle d’une prison a pour particularité par l’écho et la réverbération d’étouffer les voix. L’ordre monastique ou carcéral réprime les murmures et l’ancien couvent des Ursulines, qui abrite aujourd’hui le Centre Chorégraphique National de Montpellier, ne fait pas exception. Dans ce contexte où le son se prête à la surveillance, Geoffrey Badel s’efforce de se mettre à l’écoute pour révéler d’autres récits. Après avoir invité l’équipe d’enquêtrices La Nuit du Chasseur (Recherches sur l’invisible) à venir sonder les présences du lieu, l’artiste a prolongé son travail dans les archives. Combinant approche du paranormal et étude de documents historiques, l’artiste enregistre des témoignages, prend en considération l’invisible et lui donne forme, l’interprète par la vidéo, la performance ou le dessin.

Une tâche d’humidité sur un vieux papier est-elle une manifestation ectoplasmique ? Pour les surréalistes qui ont tant pratiqué le dessin et l’écriture automatique, il n’y avait pas de hasard. Dans cette série, le trait de Geoffrey Badel n’est jamais prémédité ; il se fait l’écho de l’écriture de l’administration, il mesure l’écart entre présent et passé et incarne des présences. Le papier comme une peau peut faire l’objet de suture et le dessin relever d’un soin particulier. Sur les scans de ces documents, un mot se trouve comme parfois amplifié. « Madame Lavoix » se voit accompagnée d’une paire d’oreilles, tandis que des mains cherchent à desserrer l’étau d’une détention et à libérer notre attention sur ce qui nous entoure.


Critical text by Henri Guette, art critic and exhibition curator, commissioned as a preface to the artist’s book.

© Adagp, Paris