Anne Deguelle

Anne Deguelle

Documents d’artistes Occitanie updated on 04 février 2022

Through the diversity of her practice, Anne Deguelle questions the nature of artworks, as well as the works of iconic 20th-century artists and personalities. By focusing on details that are usually overlooked and considered anecdotal by art historians and critics, she throws doubt on our perceptions and memories by proposing a redefinition of the notions of Art and Artwork.

Diary

Notes murales assemblées en séquences et constituant un mural de longueur variable. Work in progress présentant une archéologie de l’atelier à format évolutif, iI réunit des bribes de notes, croquis, recherches, éléments naturels ou manufacturés, amorces de travaux, journal mélancolique de pièces fragiles et instables au statut incertain au bord de la disparition.

Corpus Marcel Duchamp

Revisitant les grandes figures du XXe siècle, souvent à partir d’un détail négligé par l’Histoire, Anne Deguelle consacre un corpus entier à Marcel Duchamp, figure la plus paradoxale et énigmatique du siècle. Peu d’œuvres, une attitude singulière, Duchamp auto-construit sa figure iconique par la multiplication des documents édités qui se substituent aux œuvres.

Marcel Duchamp et la bouteille de Bénédictine

L’intrigante présence d’une bouteille de Bénédictine devant figurer sur le registre inférieur du Grand Verre a provoqué ce corpus qui se déploie sur plusieurs décennies. En fait, la bouteille ne figure pas sur l’œuvre de Duchamp, en revanche plusieurs notes de la Boîte Verte décrivent son mécanisme. Curieusement, le Palais-usine Bénédictine à Fécamp, tout à la fois musée et fabrique, présente une organisation spatiale identique à celle du Grand Verre: les mâles et les alambics en bas, les vierges à l’étage.

Ce corpus se déploie en deux parties montrées simultanément ou séparément :

  • « Les Mariées de Fécamp », une installation au sol de 900 bouteilles en 3 versions: 2002, 2005 et 2018
  • un appareil de notes, photos, œuvres, en un assemblage mural « Marcel Duchamp et la bouteille de Bénédictine » en 3 versions: 2002, 2003 et 2018
    L’ensemble est accompagné de 3 vidéos.
Portraits de Marcel Duchamp et L’original retrouvé

Corpus Le Tapis de Sigmund

Ce corpus s’est élaboré à partir de la vision d’un tapis quashq’aï semblable à celui disposé par Sigmund Freud sur son célèbre divan, présenté lors de l’exposition Le Ciel dans un tapis à l’Institut du monde arabe de Paris en 2004. Précédemment, des installations sur la thématique du tapis oriental, titrées S’ Orienter, avaient déjà été présentées dans divers lieux, et prolongeaient les dispositifs lumineux des Ciels tombés.

La particularité des tapis du Moyen-Orient est de présenter une double lecture : horizontalement, ils évoquent le jardin du désert, paradis avec fleurs, bassins stylisés, verticalement, ils deviennent une fenêtre ouverte sur le cosmos, un ciel étoilé. La parenté avec les préoccupations de Freud autour des rêves devenait évidente : s’allonger sur un ciel étoilé pour y décrypter ses nuits.

Le corpus se déploie sous diverses formes nourries par des résidences à Vienne et à Londres.

Corpus Raymond Roussel

L’intérêt pour Raymond Roussel est lié à celui porté par Duchamp à l’écrivain qui se double à son tour par la fascination de Roussel pour l’astronome Camille Flammarion. Tout s’articule autour de l’histoire d’un petit sablé en forme d’étoile conservé par Rayond Roussel, détail biographique révélateur.
Le corpus s’est construit sur une visite à l’observatoire de Flammarion à Juvisy puis une résidence à Palerme où l’écrivain s’éteint étrangement au Grand Hôtel et des Palmes. Photographies, vidéo, installations, livre d’artiste, objets constituent les pièces du puzzle roussellien.