Économie de la brûlure

2026

Installation
Bouteilles d’alcool récupérées, huile moteur, eau colorée et néons verts, 220 x 280 x 20 cm

Produite dans le cadre du Programme Inspiration Bénin – au Cœur des Mondes Africains, en partenariat avec l’Ambassade de France au Bénin, MansA – Maison des Mondes Africains, l’Institut français du Bénin et l’ADAC

L’artiste s’inspire des vendeurs de kpayo, qu’elle découvre à son arrivée au bord des voies. Leur installation devient ici ready-made : fragments du réel déplacés, dont l’artiste retourne l’esthétique.

Les bouteilles d’alcool sélectionnées sont les vestiges d’une ivresse coloniale, autrefois monnaie d’échange contre les ressources locales et les vies humaines. Marion Mounic les remplit, l’une après l’autre, d’huile à moteur usagée récupérée chez des mécaniciens, ou d’eau colorée… Fermées par des tissus à l’esthétique empruntée aux cocktails Molotov, elles matérialisent le moment du risque, de l’inhalation, de la brûlure : point commun entre les mains des décortiqueuses de noix de cajou et les poumons des vendeur·euse·s de kpayo. Pensé comme un autel aux économies de survie, cette installation évoque dans sa verticalité les persistances des hiérarchies, les néons rendant la toxicité complexe voire séduisante.


Texte de Marion Hamard

Économie de la brûlure, 2026, installation, vue de la sortie de résidence De l’autre côté, 2026, Maison Cactus, Fidjrossè Akogbato, Cotonou, Bénin, photo Roberto Tchoko

Économie de la brûlure, 2026, installation, vue de la sortie de résidence De l’autre côté, 2026, Maison Cactus, Fidjrossè Akogbato, Cotonou, Bénin, détails, photos Roberto Tchoko