Collectionner les tombes

2023

Livre
21,5 x 30 cm
192 pages
Annexes 32 pages
Risographie, offset, sérigraphie
Couverture rigide deux pans
Textes Sylvain Besson, directeur des collections, Musée Nicéphore Niépce et Ambre Charpier, critique d’art et chercheuse à l4université Paris 1 Panthéon - Sorbonne
Essai visuel Marie Quéau

Sujet peu répandu dans le paysage éditorial, Collectionner les tombes présente une précieuse archive photographique sur l’art funéraire du XIXème siècle à nos jours.
L’ouvrage puise dans le fonds d’images de cimetières de l’artiste et collectionneur André Chabot. Depuis une cinquantaine d’années, ce dernier dresse un inventaire méticuleux de tombes, sculptures, chapelles sépulcrales et autres catacombes, photographiées dans plus de soixante-dix pays. Sur le postulat du photographe, « l’art funéraire, c’est du passé », et à l’heure où cette forme esthétique est en voie de disparition, les éditions Païen invitent à arpenter ce livre comme on déambulerait dans les allées d’un cimetière afin d’en recueillir les derniers témoignages. Collectionner les tombes est une invitation à la découverte d’une « vaste nécropole mondiale où l’on pourra s’attarder devant les tombes les plus humbles et les plus émouvantes comme devant les mausolées les plus grandioses et les plus spectaculaires ».


Lia Pradal découvre l’œuvre atypique d’André Chabot après une visite au cimetière du Père Lachaise, où André a conçu et érigé de son vivant son propre mausolée à partir d’une ancienne chapelle funéraire XIXème dans laquelle il a fait réaliser une sculpture à l’effigie de son appareil photo fétiche : un Leica R9.

Alors que sur le fronton du mausolée est gravé en lettre romaine « La Mémoire Nécropolitaine », un QR code placé à hauteur d’homme renvoi à son site internet. Quelques années plus tard, après avoir étudié le sujet et une partie de l’œuvre du photographe, elle propose à André Chabot de collaborer. Il lui confie carte blanche pour l’exploration et l’interprétation de son fonds photographique.

À l’instar de ses publications précédentes, situées entre livre d’archive et livre d’artiste, Collectionner les tombes puise dans le temple d’archives d’André Chabot pour proposer une déambulation intemporelle dans les allées d’une vaste nécropole fictive.

Par sa trame diffuse qui évoque le grain argentique très assumé des premières images d’André Chabot, l’impression en risographie s’est imposée pour restituer l’ambiance fantômale du fonds.
Son aspect unifiant permet aussi que la lecture des images ne soit pas perturbée par une multitude de traitements photographiques correspondants aux différents appareils, techniques et formats employés au fil des ans par André.
Pour créer cette édition, Lia s’est immergée dans un fonds photographique de 45 000 clichés qui a abouti à une sélection de près de 500 photographies qui ont été ordonnés en 12 chapitres thématiques.

Le livre s’ouvre ainsi par la future sépulture des Chabot avec les chapelles funéraires et les tombeaux grandiloquents. Le deuxième cahier est consacré à des vues aériennes sur d’immenses nécropoles. Viennent ensuite les caveaux – simples fosses maçonnées et fermées par des pierres tombales – aux formes plus standardisées. Un chapitre est dédié aux effigies alors que la section suivante est dévolue aux nombreux symboles funéraires gravés dans la pierre. Le sixième cahier rassemble les champs de croix des cimetières militaires, sites de mémoire collective par excellence. Le septième est dédié aux ornements surprenants et personnalisés qui contrastent avec la sobriété des casiers d’urnes funéraires des columbariums du chapitre suivant.

Stèles, cippes et croix dressées s’accumulent au fil des pages du neuvième chapitre ; arbres et végétations invasives s’invitent parmi les tombes dans le cahier consacré aux cimetières forestiers.
Comme les cimetières meurent aussi, une catégorie associe bris, ruines et fosses de cimetières.

Collectionner les tombes se clôture par les cryptes et les ossuaires, chapitre des vanités. Ce chapitrage a permis de s’extraire des contingences chronologiques et géographiques, afin de refléter au mieux l’expérience du cimetière où, bien souvent, plusieurs cultures et époques cohabitent dans l’enceinte des mêmes murs. Certains chapitres miment la régularité des allées symétriques de nos cimetières français, d’autres font écho à la déambulation désordonnée et sauvage des cimetières à l’anglaise. Images de cimetières composées comme un cimetière d’images, la mise en page s’inspire de plans et de cartes de lieux funéraires.
Par trois invitations à des auteurs, elle propose d’élargir la lecture de ce fonds et les problématiques qu’il soulève.

Collectionner les tombes, 2023, livre, 21,5 x 30 cm, 192 pages, risographie, offset, sérigraphie

Collectionner les tombes, 2023, livre, 21,5 x 30 cm, 192 pages, risographie, offset, sérigraphie